Parmi les « nouvelles » façons d’interagir avec un ordinateur, le multitouch est certainement celle la plus à la mode en ce moment.Certains départements de recherche poussent les choses encore un peu plus loin, voire très très loin : Pattie Maes qui enseigne au MIT a ainsi fait la démonstration lors du TED d’une sympathique interface qui se porte autour du cou et qui projette un écran interactif sur n’importe quelle surface. En tant que geek bon public, j’aime particulièrement le passage pendant lequel on voit un type qui porte cette interface téléphoner avec sa main.
Tout ceci peut paraitre assez futile aujourd’hui, mais en y réfléchissant, si les applications et les ordinateurs ont vu leur complexité et leur puissance évoluer de manière exponentielle depuis leur invention, l’interface homme – machine n’a quasiment pas changé en trente ans. Il faut toujours un clavier, un écran et (éventuellement) une souris pour pouvoir accéder aux informations contenues dans la machine.
Récemment, des appareils comme l’iPhone ont néanmoins ouvert une brèche dans cet immobilisme circonstancié, et il est toujours surprenant de constater avec quelle rapidité les êtres humains s’adaptent à un nouveau mode d’interactivité. L’apparition du multitouch sonne le glas de la souris à moyen terme -du moins pour les tâches qui ne requièrent pas un haut niveau de précision- et c’est tout un pan de la culture informatique qui s’effondre, laissant entrevoir des possibilités réservées jusque là à la science fiction.
D’ailleurs un des fantasmes récurrents de la SF, est la dématérialisation totale de l’interface, dont on peut voir l’archétype dans Minority Report par exemple:

Dans ce film, les acteurs ne manipulent aucune interface tangible, mais font des moulinets dans l’air avec leur bras (c’est assez ridicule en fait), et ces gestes sont interprétés par l’ordinateur et traduits sous forme d’images et de textes sur un écran virtuel. Et c’est exactement ce que propose des projets comme celui présenté au TED.
Sans en arriver à des extrêmes (le nano ordinateur quantique n’est pas pour tout de suite) il est probable que les années qui viennent vont radicalement transformer la manière dont nous nous « servons » des ordinateurs, par conséquent la perception que nous avons de ces machines et des informations que nous y trouvons en sera changée.




